Bali fait rêver parce qu’elle semble incarner une promesse rare :
vivre mieux, plus lentement, avec moins de pression et plus de liberté.
Mais ce que beaucoup découvrent une fois sur place, c’est que la liberté n’est jamais un vide juridique.
Avant même de parler de plages, de coworkings ou de villas, il faut comprendre une chose essentielle :
👉 Bali ne t’accueille pas sans cadre. Elle t’accueille si tu sais dans quel cadre tu t’inscris.
Visa, travail et fiscalité ne sont pas trois sujets séparés.
Ils forment un triangle indissociable.
Ignorer l’un fragilise immédiatement les deux autres.
Bali appartient à l’Indonésie, un pays qui a connu :
une forte pression migratoire
des abus répétés
une économie locale à protéger
Résultat : l’Indonésie ne cherche pas à empêcher les étrangers de venir,
mais elle cherche de plus en plus à clarifier qui fait quoi, combien de temps, et sous quel statut.
👉 Le fantasme du “on verra bien sur place” est l’erreur numéro un.
Beaucoup voient le visa comme un simple tampon sur un passeport.
En réalité, le visa est un contrat implicite entre toi et l’État indonésien.
Il définit :
ta durée de présence
ton intention officielle
tes droits
tes limites
Arriver avec un visa touristique en pensant :
“Je suis juste là, je travaille sur mon ordi, je ne prends rien aux locaux.”
Pour l’administration, ce raisonnement n’existe pas.
Le critère principal n’est pas où est ton client, mais où tu exerces ton activité.
Toute activité exercée physiquement sur le sol indonésien est, par défaut, considérée comme du travail soumis à autorisation.
Peu importe :
que ton client soit à l’étranger
que l’argent arrive sur un compte offshore
que tu travailles “seul”
👉 Le lieu d’exécution compte autant que la source du revenu.
Avec un visa touristique ou de visite :
travailler pour des clients indonésiens
facturer localement
donner des services sur place
afficher publiquement une activité (site, cartes, réseaux locaux)
recruter ou gérer une équipe locale
Ces pratiques exposent à :
amendes
annulation de visa
expulsion
interdiction de retour
Soyons honnêtes :
des milliers de personnes travaillent en ligne à Bali avec des visas touristiques ou B211A.
Pourquoi ?
parce que c’est toléré
parce que c’est discret
parce que les contrôles sont ciblés
Mais il faut comprendre une chose capitale :
👉 La tolérance n’est pas une autorisation.
Elle dépend :
de ta visibilité
de la durée de présence
de ton historique d’entrées
de ton comportement
Plus ton activité est :
structurée
visible
rentable
plus le risque augmente.
Pour travailler sans ambiguïté, il faut un visa adapté :
Visa Digital Nomad
KITAS Travail
KITAS Investisseur
Tout le reste est un choix de risque, pas un droit.
Le visa run est devenu une sorte de “tradition” à Bali.
Entrer avec un visa touristique, sortir du pays, revenir, recommencer.
aucune paperasse
aucune décision long terme
aucune structure à mettre en place
Mais cette simplicité est trompeuse.
Chaque entrée et sortie :
est enregistrée
est analysée
alimente ton profil immigration
Un étranger qui enchaîne :
3
4
5 entrées touristiques consécutives
👉 finit par apparaître comme quelqu’un qui vit à Bali sans statut clair.
Et à ce moment-là, l’entrée peut être refusée.
Sans discussion. Sans recours immédiat.
La fiscalité est souvent le sujet que l’on remet “à plus tard”.
C’est aussi celui qui coûte le plus cher quand il est mal compris.
“Je ne suis résident nulle part, donc je ne paie rien.”
En réalité, être non résident fiscal est extrêmement rare.
Les administrations fiscales cherchent toujours :
où tu vis réellement
où tu travailles
où est ton centre d’intérêts économiques
Tu peux être considéré comme résident fiscal indonésien si :
tu passes plus de 183 jours par an dans le pays
ou si ton centre de vie est jugé local
Et cela même sans KITAS.
👉 Le visa n’annule pas les critères fiscaux.
Selon ton statut :
certains revenus étrangers peuvent être exonérés
d’autres peuvent être imposables
certains doivent être déclarés même s’ils ne sont pas taxés
Sans stratégie claire, tu peux :
être imposé dans ton pays d’origine
et devenir imposable en Indonésie
👉 Le risque majeur n’est pas la taxation.
C’est l’incohérence.
Beaucoup viennent à Bali pour respirer.
Mais respirer ne veut pas dire improviser.
La liberté durable repose sur :
des règles comprises
des choix assumés
une structure minimale
👉 Ce n’est pas la structure qui enlève la liberté.
C’est l’absence de clarté qui crée l’angoisse.
Avant Bali, pose-toi honnêtement :
Combien de temps veux-tu rester ?
Ton activité est-elle visible ou discrète ?
Où sont tes clients ?
Où est ton compte bancaire principal ?
Acceptes-tu une zone grise temporaire ?
Veux-tu construire quelque chose ou juste tester ?
Ces réponses déterminent :
ton visa
ton exposition fiscale
ton niveau de stress
Beaucoup pensent que structurer :
tue la spontanéité
enlève la liberté
“fait rentrer dans un système”
C’est l’inverse.
👉 Structurer, c’est choisir son cadre au lieu de le subir.
Bali n’est ni un paradis fiscal,
ni une zone hors-la-loi,
ni un refuge magique.
C’est un endroit où :
la liberté est possible
mais demande de la responsabilité
et surtout de la cohérence
Visa, travail, fiscalité ne sont pas des freins.
Ce sont les fondations d’une vie libre et sereine.